Merci à vous d'avoir pris la peine de chercher, merci de vos appréciations et bravo.
Bravo parce que, même si vous n'avez pas trouvé les deux erreurs fondamentales (voir après), à des degrés divers, vous avez signalé ce qu'on peut appeler erreurs, si l'on juge sévèrement (je rappelle qu'il s'agissait d'un travail de débutant sans doc, avec juste la notice de montage du fabricant).
Les deux grandes erreurs sont d'ordre historique (Jerry Can tu es tout excusé):
1- Là, je vous excuse bien volontiers parce que les photos ne sont pas assez nettes et on distingue mal les numéros cousus sur l'habit. Le fuyard est certes un fantassin mais il appartenait au 38e de Ligne (appellation réglementaire pour un régiment d'Infanterie au que l'Infanterie Légère).
Vu en face, de dos, , les basques de l'habit ont chacune 2 retroussis. Sur la basque de gauche, le premier retroussis porte le n°3 et le second le n°8. Idem et dans le même ordre pour la basque de droite. Ce sont des chiffres de laine rouge cousus sur fond blanc, en principe très lisibles. Là où le bât blesse, c'est qu'à cette époque (juin 1807), le 38e de Ligne n'était pas en Prusse Orientale mais à Saint-Domingue où il avait perdu la moitié de son effectif - officiers inclus - par suite de fièvres et de maladies tropicales contre lesquelles la médecine du temps était nulle. J'ai pris de nouvelles photos pour vous montrer.
C'est assez difficile à lire sur photo, vous m'en excuserez.
2 - Les trois personnages dans l'enclos sont: le premier cavalier qui montre la voie est un homme du train d'artillerie de la Garde. C'est un accompagnateur vu qu'il est armé d'un fusil. Son compère, démonté, qui tient un fouet à la main est un conducteur d'attelages. Il n'a qu'un briquet. Le troisième est un artilleur à cheval de la Garde et c'est son cheval qui est derrière le premier. Si la tenue de l'artilleur est à peu près exacte, celle des deux autres est totalement anachronique car, cette tenue (dérivée de la hongroise), ils ne l'auront qu'en 1809, pour la campagne d'Autriche. Donc, en 1807, ils auraient dû porter une tenue très semblable à celle des tringlots de l'artillerie de la Ligne, la giberne en moins (personne ne connaît la raison de cette différence). Cette troupe regrettera d'ailleurs sa précédente tenue lors de la campagne de Russie où l'épaisseur amincie du drap les protégera moins des morsures du froid. Idem pour les bottes à la hussarde, moins chaudes que les dites "à l'écuyère".
Voilà les 2 erreurs principales. Mais il y en a bien d'autres.
LES GENDARMES - Ici, bêtement, j'ai fait figurer deux braves pandores de la "Gendarmerie Impériale des départements", réservés au territoire métropolitain et répandus en brigades, exactement comme de notre temps, jusqu'à la récente réforme. Donc, sur cette plaquette, ils n'ont rien à y faire, étant dans la zone des armées.
La Gendarmerie aux Armées s'appelait la Prévôté, et elle était composée soit de Gendarmes d'élite de la Garde, à la tenue proches des artilleurs à pied de la Garde avec bonnet à poils à visière et buffleteries bicolores, soit, le plus souvent, de Gendarmes issus de l'Impériale territoriale mais prenant la tenue de la Gendarmerie d'élite, sans le bonnet à poils mais avec les buffleteries bicolores. Hiérarchiquement, elle dépendait du Grand Prévôt, attaché à l'Etat-Major impérial.
Autre détail que vous avez remarqué: j'ai fait figurer des hommes en grande tenue, ce qui est peu crédible. Car, surtout à cette époque de l'Empire, la tenue de service était le surtout, dépourvu de revers, boutonnée sur le devant et plus pratique. Il est bien entendu que tous les colifichets - plumets, tresses de coiffure, raquettes, aiguillettes (qu'on appelle fourragère de nos jours) - étaient bien soigneusement rangés et jamais sortis au combat, tout simplement en raison de leur prix élevé, même à l'époque.
Seule, la Garde Impériale, et encore pas toujours, se présentait à la riflette en grande tenue, hommes rasés de près, perruques poudrées et bluffleteries blanchies pour l'occasion. Ils appelaient cela "aller au bal"!
Par ailleurs, même les culottes des cavaliers étaient souvent recouvertes de la surculotte, en grosse toile grise ou brune , caractérisée par une série de gros boutons sur la face extérieure des cuisses, destinée à éviter ou amoindrir l'usure du drap de la culotte contre les quartiers de la selle, les diverses courroies ou la plaque de cuir des grandes schabraque de drap.
Autres détails: pour un cavalier, un fusil peut être porté en bandoulière MAIS JAMAIS AVEC LA BAIONNETTE AU BOUT. L'accompagnateur du Train, je lui collé un fusil. Erreur, jeune homme! Il aurait dû être équipé d'un mousqueton, arme plus courte et plus légère que le fusil. Ces cavaliers étaient équipés du fusil dit "de dragon", qui était plus court que le fusil réglementaire d'Infanterie modèle 1777, modifié An XIII. Cette particularité venait du moment (Camp de Boulogne) où un quart seulement des régiments de Dragons étaient montés, les autres n'étant que des biffins casqués. Ils ne seront tous remontés qu'après la victoire d'Ulm, où toute la cavalerie autrichienne sera délestée de ses chevaux à leur profit.
Autre détail, qui va chagriner Chris: le fusil (raccourci) porté au flanc d'encolure, canon en l'air, crosse en bas, EST PARFAITEMENT REGLEMENTAIRE. On appelle cette position "porter le fusil à la botte". La crosse est engagée dans un étui en forme de poche et le fût de l'arme est lié par une courroie à l'arçon de la selle. Si c'était l'inverse, le poids de la crosse déséquilibrerait le montage et, même lié, gênerait le cavalier en battant sur la cuisse ou le coude. Dans ce cas, inutile d'envisager le galop, voire même le trot.
Elle était donc de mise chez les Gendarmes (toutes catégories), les Dragons, les Grenadiers à cheval de la Garde. Le port à la botte permettait le galop, le saut de petits obstacles sans être éjecté, ni déséquilibrer la monture, ni gêner le cavalier.
Les autres catégories de cavaliers étaient équipés du mousqueton. Là, à l'inverse, l'arme pouvait être maintenue canon en bas dans un petit étui (sorte de gros doigtier) en cuir, au bout de 2 courroies. A hauteur du pontet, une courroie traversant la schabraque permettait de l'arrimer solidement à l'arçon de la selle. Mais, au combat, hussards, chasseurs à cheval de la Garde et autres, portaient le mousqueton "au crochet", c'est-à-dire par un très gros mousqueton (d'où le nom) passé dans une tringle vissée sur le côté gauche du fût, au bout d'une banderole surmontant celle de la giberne. L'arme était chargée et le cavalier, d'un simple geste du bras, la ramenait en avant et faisait feu.
La "veste" accrochée à la barrière est effectivement une pelisse. Matelassée et garnie de fourrure, cette pièce est essentielle de la tenue "à la hongroise". En grande tenue, elle est portée "jetée", c'est-à-dire flottant au vent, simplement retenue au cou par une tresse. Par grand froid, elle est portée ouverte par dessus le dolman.
Il est évident, qu'au mois de juin, elle n'a rien à faire là et qu'elle est pliée dans le paquetage du gus. Et pan sur Track-teur. Pareil, les bûches devraient être adossées à un piquet... ou ne pas être sur la plaquette. Mais les débutants, ça rêve... et ça ne sait pas...
Je ne sais plus si j'ai bien répondu à toutes vos remarques - FONDEES - . Si j'en ai oubliées, posez des questions ou rappelez-les moi.
Tout ce que je viens de vous dire, au montage de la plaquette, je ne le savais pas. De même que, pour les besoins de la reconstitution, j'ai appris à monter à cheval à 55 ans et à m'y tenir dans une assiette tout à fait convenable, j'ai appris au fil des ans tous les détails que je vous ai donnés. Mais je peux encore vous en fournir si vous le souhaitez.
Et malgré cela, que vous ayez porté des appréciations néanmoins positives m'honore. Je vous en remercie.
Track-teur